L’ivresse des sommets

L’ivresse des sommets

par Profane

- Chère Roni, en 2007 vous avez publié Herðubreið at Home, une collection d’images représentant divers intérieurs islandais dans lesquels les tableaux de Stórval figurent. Tout au long de sa vie, Stéfan V. Jónsson, également connu sous le nom de Stórval, a peint Herðubreið, communément appelé la « reine des montagnes » en Islande.  Ses tableaux trônent dans beaucoup de foyers islandais à travers le pays. Les photos figurant dans Herðubreið at Home ont été prises entre 2005 et 2006 à Reykjavik, dans sa banlieue, ainsi qu’à Vopnafjordur et Seydisfjordur. Quel était votre but à l’origine ?

Je traverse l’Islande en long et en large depuis 1975. Au cours de mes voyages, j’ai commencé à remarquer les tableaux de Stórval. Je ne suis pas sûre que j’y aurais prêté attention s’il n’y en avait pas eu tant et disséminés aussi abondamment aux quatre coins de l’île. Principalement chez des particuliers, mais également dans des hôtels, des bureaux et des restaurants. C’est ce qui m’a vraiment inspiré. L’idée de retrouver cette même montagne partout sur l’île. Comme le leitmotiv du pays. En effet Stórval, à quelques exceptions près, n’a peint que Herðubreið.

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Cette montagne se situe dans les Hautes Terres d'Islande, en plein cœur du pays. On considère qu’il s’agit de la plus majestueuse des montagnes islandaises. Elle mesure plus de 1600 m.

Parallèlement, ce projet résonnait avec une expression employée par Emily Dickinson, lorsqu’elle se décrit comme étant un « Vésuve à la maison ». Celle-ci apparaît à la fois dans ses lettres et ses poèmes. En combinant ces deux sources, je suis parvenue au titre et également à un tournant dans mon travail.

- Que « représente » Herðubreið à vos yeux?

Je ne peux pas dire que ça représente quelque chose de spécifique pour moi. Son importance découle de l’obsession de Stórval pour ce volcan et de l’amour que lui porte un pays entier.

- Cette série documente-t-elle des modes de vie, de la déco ou des goûts personnels?

En fait, ça donne une idée de la réalité domestique en Islande à l’époque. L’idée était d’utiliser les lieux dans lesquels se trouvaient les tableaux comme métaphore du paysage. La montagne devient un artifice dans ces images, et le contexte – ou l’environnement – devient lui le paysage.

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- Y a-t-il une trame narrative dans cette succession d’intérieurs réunis dans votre livre?

Je n’y vois pas de narration. Herðubreið at Home documente en partie l’apparition fréquente de ces images d’une icône islandaise. Cette représentation est distribuée géographiquement par les forces économiques et sociales en œuvre.

À l’inverse, malgré les distances courtes, j’y vois pas mal de voyages à travers l’Islande par le biais de ces intérieurs qui sont étonnamment similaires.

- Par rapport à votre série au long cours de livres démarrée en 1990 sous le titre To Place, et qui incarne votre relation la plus évidente à l’Islande (dessins et photos de geysers, rivières de glaciers, sources volcaniques et thermales, entre autres), quelle place occupe Herðubreið at Home?

Herðubreið aurait pu être l’un des volumes de cette série. Je ne sais pourquoi ça n’a pas été le cas.

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