1. Il cherche à reconstituer un puzzle, celui de l’enfance, carte des pays et des modes de Bretagne en main. Tout commence par la visite de son mini-musée personnel, documentation et images d’archives à l’appui. Cette reconstitution est une manière, peut-être, de renouer avec la sensation éprouvée dans un écomusée en territoire breton, lorsqu’il y avait vu de ses yeux vu —il a alors la trentaine—, au milieu des outils et autres particularismes locaux, une coiffe du pays nantais.
2. Son arrière-grand-mère portait la même, il le savait, l’histoire familiale en témoigne. Cette vision sera fondatrice. Elle lui ordonne de commencer sa quête, pour que l’image se fixe et s’incarne dans des dentelles, des détails, des dalais (un terme technique propre aux coiffes). Et les coiffes nantaises ont la part belle dans sa scénographie. Elles sont un hommage à son arrière- grand-mère, mais pas seulement: à sa grand-mère, aussi, qui lui donna le goût des costumes traditionnels qu’il traquera jusqu’au Guatemala (l’habit maya est une autre de ses passions). En souvenir également de ces femmes croisées quand il avait dix ans, lors d’un de ses trop rares séjours en Bretagne sur la terre de ses ancêtres, et qui portaient toutes la coiffe comme on parle de la pluie et du beau temps. Aujourd’hui, plus personne ne les arbore. Maria Lambour, la dernière à porter la bigoudène au quotidien, est morte en octobre 2014. Mais ce sont leurs silhouettes qu’il fait revivre, leur façon de faire avec la vie moderne, c’est pour cela qu’il traque encore la coiffe d’Ouessant, le coq de Saint-Malo, la kornek de Baud ou la polka et la catiole de Rennes.
Sur la tête de mon arrière-grand-mère
par Profane
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